Ségou : des femmes rurales échangent sur les violences et appellent au changement des comportements
Dans le cadre du projet « Femmes rurales leaders : leadership, éducation non-violente et formation au service du changement » du Groupe de recherche action droits de l’Enfant Mali(GRADEM), la radio Fôkô de Ségou a donné la parole à des bénéficiaires pour partager leurs expériences. À travers leurs témoignages, elles ont abordé sans détour la question des violences au sein des familles et les changements amorcés grâce aux formations reçues.
Autour du micro, plusieurs femmes venues de différentes localités ont pris la parole. Parmi elles, Nakani, Mariam Keïta, Mougou Marigo et Fatoumata Diarra. Toutes ont évoqué, avec leurs mots, les différentes formes de violences qu’elles observent au quotidien.
Pour Nakani, la violence ne se limite pas aux coups. Elle peut aussi se manifester dans les attitudes et les comportements.
« Il y a plusieurs sortes de violences. Parfois, cela vient de la méchanceté ou de la façon de se comporter. Les disputes, les bagarres… tout cela peut dégénérer », explique-t-elle.
Elle attire également l’attention sur la vie de couple, où le manque de respect et d’écoute peut créer des tensions.
« Quand il n’y a pas de respect entre l’homme et la femme, cela peut entraîner la violence. Même négliger une personne malade peut être une forme de violence », ajoute-t-elle.
De son côté, Mariam Keïta définit la violence comme toute action qui fait du mal à autrui.
« Frapper quelqu’un, lui faire mal ou même porter atteinte à sa vie, c’est de la violence », dit-elle.
Elle reconnaît aussi que certaines attitudes des femmes peuvent contribuer à entretenir ce climat.
« Quand on frappe un enfant sous le coup de la colère, on peut le blesser. Le manque de respect envers les aînés est aussi une forme de violence », souligne-t-elle.
Pour elle, tout commence par le respect de soi et des autres.
Mougou Marigo insiste sur l’importance de l’éducation et de l’écoute dans la prévention des violences.
« Se comporter mal envers une personne âgée, c’est déjà une violence. Quand on n’écoute pas, on peut facilement aller vers des comportements violents », a-t-elle affirmé.
Elle met en garde contre certaines violences physiques graves, aux conséquences parfois irréversibles.
« Frapper quelqu’un à la tête peut le rendre malade ou handicapé », prévient-elle.
Pour Fatoumata Diarra, les formations reçues dans le cadre du projet ont été déterminantes.
« Avant, certaines choses nous semblaient normales. Aujourd’hui, on comprend mieux. On sait comment gérer nos comportements et éviter la violence dans nos familles », témoigne-t-elle.
Toutes les participantes reconnaissent que ces séances ont permis de renforcer le dialogue au sein des familles et de réduire certains comportements violents.
Mis en œuvre par le GRADEM avec le financement du Comité allemand de la Journée mondiale de prière des femmes(JMPF), le projet « Femmes rurales leaders : leadership, éducation non-violente et formation au service du changement » intervient dans les régions de Ségou (dans les villages de Djigo, Kounkoun, Fanzana, M’pèba et Sirakoro) et de Dioila (dans les villages de Banankabougou, Falako, N’Golokorola, N’tossouma et Kassegué).
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