Santé communautaire du Mali : Les acteurs en conclave à Bamako

Santé communautaire du Mali : Les acteurs en conclave à Bamako

« Définir les orientations stratégiques pour le renforcement et l’adaptation de la stratégie de santé communautaire du Mali au contexte actuel sur la base d’une analyse de la stratégie SEC actuelle »Tel est l’objectif de l’atelier de réflexion organisé, du 25 au 29 août 2025, par la direction générale de la Santé et de l’hygiène publique, avec l’appui financier de l’ONG Muso et du Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF).     

Cet atelier, qui réunit, durant 5 jours, les principaux représentants des services étatiques impliqués dans la santé communautaire (central, régional, district, aire de santé), la société civile, les agents de santé communautaire et les partenaires techniques et financiers tels que l’OMS, l’Unicef, Africa CDC, l’ONG Muso, servira également de base à la révision des documents stratégiques nationaux (plan stratégique national SEC, le guide de mise en œuvre SEC et les outils SEC).

Aussi, il favorisera l’alignement du futur plan national avec les principes et priorités définis dans l’Agenda continental sur la santé communautaire, promu par Africa CDC et ses partenaires.

Pour Anita Ingabire de l’UNICEF : « la santé communautaire ne se limite pas à un dispositif technique. Elle incarne une vision de solidarité nationale et témoigne de notre capacité collective à répondre aux besoins essentiels des populations, y compris les plus éloignées et les plus vulnérables, et appelle à une vision audacieuse et inclusive, fondée sur 5 piliers essentiels, à savoir : l’équité territoriale, la professionnalisation, l’intégration multisectorielle, la gouvernance locale et l’innovation numérique ».

Aussi, soutient-elle : « Ce que nous construisons ici dépasse le cadre d’une stratégie. C’est un véritable pacte social, une promesse collective. Que cet atelier marque le début d’une nouvelle ère pour la santé communautaire au Mali, une ère de reconnaissance, de participation et d’innovation. Nous sommes convaincus que, ensemble, nous faisons de la santé communautaire un moteur de justice, de paix et de développement durable ».

Quant au Secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr Abdoulaye Guindo, il a souligné « le rôle crucial des agents de santé communautaire (ASC) dans la prévention, la promotion de la santé mais aussi dans la prise en charge des affections les plus morbides en Afrique  et dans la surveillance épidémiologique ».

Et de poursuivre : « Leur rôle a aussi été fondamentalement apprécié pendant la COVID 19 et d’autres épidémies émergentes si bien que l’Union Africaine a pris une décision importante pour les pays africains de recruter au moins 2 millions d’ASC d’ici 2030 ».

Par ailleurs, a fait savoir le Secrétaire général du ministère : « Cet atelier est une opportunité pour repenser, harmoniser et adapter notre stratégie communautaire à la lumière des réalités actuelles, des innovations disponibles et des engagements internationaux, notamment en matière des Objectifs de développement durable pour une Couverture sanitaire universelle. L’avenir de la santé communautaire au Mali dépend de notre capacité à penser ensemble, à agir ensemble, et à bâtir une vision partagée ».

Pour rappel, au Mali, 35% de la population ont accès à un ASC dans les régions du Sud et 13% pour les régions du Nord. Après 15 années de mise en œuvre de la stratégie de SEC au Mali, la nécessité d’une analyse approfondie sur la base d’une réflexion participative et inclusive pour prendre en compte les défis qui s’impose actuellement s’impose.

En effet, depuis 2009, le Mali a adopté la stratégie de soins essentiels dans la communauté visant à assurer un accès équitable, de qualité et de proximité aux soins de santé primaires en particulier pour les populations vulnérables et celles vivant dans les zones rurales et difficiles d’accès. Malgré les efforts, plusieurs défis persistent dans la mise en œuvre de cette stratégie.

A Diamouténé

Media Elles