Partage de valeurs et sens de la fête : le Gala du Nouvel An chinois à l’heure africaine  

Partage de valeurs et sens de la fête : le Gala du Nouvel An chinois à l’heure africaine   

Le 17 février 2026, 1,4 milliard de Chinois entreront dans l’Année du Cheval de Feu. Dans la cosmologie chinoise, le cheval incarne l’élan et le franchissement des frontières. La métaphore résonne avec l’actualité : le plus grand événement télévisuel de la planète — le Grand Gala de la Fête du Printemps de CMG — étend cette année sa présence sur le continent africain avec une intensité inédite.

 

Quelques chiffres pour situer l’ampleur du phénomène : l’édition 2025 du Gala de la Fête du Printemps a cumulé 16,8 milliards de connexions sur l’ensemble des canaux de diffusion, dont 2,13 milliards de vues en direct sur les plateformes numériques — ce qui en fait, de très loin, le programme télévisé le plus regardé au monde. L’édition 2026 mêle opéra de Pékin, danse contemporaine, arts martiaux et intelligence artificielle générative sur cinq scènes simultanées à travers toute la Chine. Depuis décembre 2024, la Fête du Printemps est inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

D’Addis-Abeba au Cap : l’empreinte africaine du Gala

Pour l’Afrique, l’événement le plus symbolique s’est déroulé le 6 février au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. La « Séquence prélude au Gala », co-organisée par CMG, la Commission de l’UA et la Mission permanente de Chine auprès de l’UA, a réuni quelque 400 invités — ambassadeurs africains, fonctionnaires de la Commission, journalistes et étudiants. Le film d’animation Ne Zha 2, premier long métrage d’animation chinois projeté au siège de l’UA, et accessoirement le plus rentable de l’histoire du cinéma mondial d’animation avec 2,26 milliards de dollars de recettes y a été ovationné. Le président de la Commission de l’UA, M. Youssouf, a adressé une lettre de félicitations dans laquelle il souligne que « la Fête du Printemps n’est pas seulement un moment clé de passage à la nouvelle année : elle incarne les aspirations de réunion familiale, de renouveau universel et d’espérance naissante — des valeurs qui suscitent une profonde résonance sur le continent africain ». Des artistes éthiopiens ont interprété des chansons chinoises et une des étudiantes présente sur place, Masha, de l’Institut Confucius d’Addis-Abeba, a confié avoir « ressenti directement l’atmosphère de la Fête du Printemps et compris le sens culturel profond derrière la célébration ».

Le même soir, quatre chevaux lumineux — les qíjì, coursiers légendaires de la tradition chinoise — galopaient sur la façade du Global Trade Centre de Nairobi, illuminant la skyline est-africaine de rouge et d’or. À Sun City en Afrique du Sud, pour la deuxième année consécutive, le Gala s’invitait dans ce complexe touristique jouxtant un parc national. Son directeur général a observé que « l’association entre le Cheval chinois et l’énergie de la faune sauvage africaine crée une résonance naturelle ». Les retombées médiatiques de ces événements ont couvert un public potentiel de plus de 600 millions de personnes à travers neuf pays du continent.

Au-delà du Gala : l’architecture d’une année culturelle sino-africaine

Le Gala n’est cependant qu’un volet d’un dispositif bien plus large. 2026 est officiellement l’« Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique », décidée lors du Sommet 2024 du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) à Pékin. Près de 600 activités sont programmées sur l’ensemble du continent.

L’Afrique francophone y occupe une place significative. Du 22 au 27 janvier, Bamako a accueilli le tout premier festival de cinéma organisé à l’étranger dans ce cadre : sept films chinois ont été projetés en alternance avec des films maliens. Dakar accueillera des compétitions de wushu et un volet de la « Route culturelle Chine-Afrique ». Kinshasa figure également parmi les étapes clés de cet itinéraire. En Côte d’Ivoire et en RDC, les télévisions nationales diffuseront des séries chinoises doublées en français.

Le cheval, symbole fort pour la Chine et l’Afrique

Le choix du cheval comme emblème de 2026 propose une dernière métaphore. Animal de liaison dans la tradition chinoise, le cheval est aussi, dans l’imaginaire africain, un symbole de noblesse et de mouvement — des cavaliers peuls du Sahel aux courses de Lamu, des fresques du Tassili aux parades équestres du Cameroun en passant par les Fantasia au Maroc. Cette convergence symbolique suggère que certaines civilisations partagent des structures assez proches pour que le dialogue s’opère par les images et les rythmes avant les mots.

Qu’il s’agisse de la diffusion du Gala de CMG dans certaines villes africaines ou de l’année culturelle sino-africaine, les deux événements convergent vers une même intuition : celle de civilisations qui, après des siècles de relations médiatisées par d’autres, commencent à se regarder directement et à se réapproprier leur narratif.

Source: CGTN-Français

 

 

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