Octobre Rose 2026 : Le Mali vise le dépistage gratuit de 110 000 femmes aux cancers du sein et du col de l’utérus
Le ministère de la Santé et du Développement social, à travers l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR), a tenu, hier lundi 5 octobre 2026, dans la salle de conférence du département, un point de presse consacré au lancement de la campagne nationale de la 5è édition d’Octobre Rose au Mali, prévue pour le 8 octobre 2026, autour du thème : « L’accès à l’information, un levier incontournable contre les cancers du sein et du col de l’utérus ». Objectif : dépister 110 000 femmes.
La conférence était placée sous le patronage du secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Abdoulaye Guindo ; en présence du directeur général de l’ONASR, Dr Ben Moulaye Idriss ; de spécialistes de la santé et de représentants des médias.
Selon le directeur général de l’ONASR, « cette campagne vise à renforcer les connaissances des populations sur les cancers féminins, notamment leurs signes d’alerte, les moyens de prévention, l’importance du dépistage précoce ainsi que les possibilités d’orientation vers les services de santé appropriés ».
S’appuyant sur les données de l’International Agency for Research on Cancer (IARC), à travers GLOBOCAN 2022, Dr Ben Moulaye Idriss rappelle : « 9 597 nouveaux cas de cancers chez les femmes ont été recensés au Mali en 2022. Le cancer du col de l’utérus représentait 2 436 nouveaux cas, contre 2 278 pour le cancer du sein, selon les données du Global Cancer Observatory ».
Le DG de l’ONASR a profité de l’occasion pour dresser un constat préoccupant sur la situation des cancers féminins.
« À l’échelle mondiale, les cancers féminins frappent de manière disproportionnée les pays à faible et intermédiaire revenu. En Afrique subsaharienne, sans mesures urgentes, environ 135 000 femmes pourraient perdre la vie à cause du cancer du sein d’ici 2040 », a-t-il martelé.
Et de poursuivre : « Au Mali, les données sanitaires nationales et les enquêtes démographiques montrent que les cancers du sein et du col de l’utérus représentent à eux seuls près de la moitié des cancers chez la femme, avec un taux de létalité local qui avoisine les 60% ».
Aussi, soutient-il : « Concernant les résultats de la campagne précédente, en 2025, au total 87 724 femmes ont bénéficié d’un dépistage. Pour l’édition 2026, l’ONASR ambitionne de franchir un nouveau cap avec 110 000 femmes et adolescentes à dépister et un million de personnes à sensibiliser ».
Par ailleurs, Dr Ben Moulaye Idriss, directeur général de l’ONASR a ainsi invité les populations à se rendre massivement dans les sites de dépistage gratuit afin de bénéficier des services disponibles et de mieux se protéger contre les cancers du sein et du col de l’utérus.
Prenant la parole, au nom de la ministre de la Santé et du Développement social, le secrétaire général, Dr Abdoulaye Guindo, dira : « le thème de cette édition s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités, qui ont fait de la santé de la mère, de l’adolescente et de l’enfant une priorité nationale ».
Et de souligner : « Les cancers du sein et du col de l’utérus ne sont pas de simples statistiques médicales ou des fatalités biologiques. Ils représentent une crise sociale majeure et un frein direct au développement socioéconomique de notre nation », a-t-il déclaré.
Dans la même dynamique, a-t-il fait savoir : « le financement de la prévention et du dépistage précoce doit être considéré comme un investissement dans la santé et le développement du pays ».
Avant de lancer un appel à une mobilisation générale en faveur de la campagne, invitant toutes les populations à fréquenter les centres de dépistage : « Protéger la santé des femmes, c’est préserver l’avenir du Mali », a-t-il insisté.
Enfin, il a appelé non seulement les acteurs nationaux à renforcer leurs efforts afin de faire de l’information sanitaire un outil permanent de prévention et de protection de la santé des femmes, mais également, salué les actions menées par l’ONASR en faveur de la santé de la mère et de l’enfant, et remercié les partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement en faveur de l’amélioration de la santé publique au Mali.
Issa Diakité

