Lutte contre les VBG: L’Alliance droits et santé prône la déconstruction des stéréotypes
Créer un espace d’échange inclusif et interactif pour susciter la réflexion collective, déconstruire les stéréotypes, et influencer les pouvoirs publics autour des enjeux liés à la lutte contre les violences basées sur le genre(VBG).Tel est l’objectif du café-débat sur les VBG, organisé le vendredi 22 août 2025 à Maëva Palace de Bamako par l’Alliance droits et santé (ADS) dans le cadre de la mise en œuvre du projet<<Alliance Transformative>>.
Cette rencontre a réuni des membres de la société civile, des représentants des structures étatiques et des journalistes membres du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN).
La directrice exécutive d’AJCAD, Adam Dicko a souligné l’importance de la sensibilisation de la lutte contre le VBG. « Derrière chaque chiffre, ce sont des êtres humains dont on parle et il n’est pas acceptable encore en 2025 d’être là juste pour condamner », s’est-elle indignée, appelant à sanctionner les hauteurs des VBG. « Aujourd’hui, ce que nous avons besoin c’est vraiment des sanctions à la hauteur des violences basées sur le genre. Nous pensons qu’aujourd’hui, il est important de mettre l’accent sur la sensibilisation, mais il est aussi important de mettre l’accent sur les sanctions. Sanctionner les personnes qui sont auteur des violences basées sur le genre pour que cela serve aussi d’exemple à d’autres, qui pourront être encouragés par l’impunité par rapport aux violences basées sur le genre », a préconisé Adam Dicko.
« Nous souhaitons qu’au sortir de ce café-débat nous puissions avoir de fortes recommandations qui puissent impacter notre société et impacter également nos décideurs », a déclaré le directeur technique de l’Alliance Droits et Santé, Hien Landry.
Selon lui, depuis sa création en 2013, l’Alliance Droits et Santé mobilise les communautés en Afrique de l’Ouest afin d’influencer les décideurs de pouvoirs sur la problématique des VBG. « Nous avons constaté depuis notre séjour ici que sur le plan juridique, le Mali est assez avancé parce qu’il y a eu des innovations, des reformes en matière de VBG à travers le code pénal malien », s’est-il réjoui avant de remercier le REMAPSEN pour son engagement en faveur de la promotion de la santé en Afrique.
La cheffe de service genre de l’Office national de la santé de la reproduction(ONASR), Dr Bintou Tinè Traoré a laissé entendre que les VBG sont considérées comme un problème de santé publique au Mali, signe, selon elle, de l’engagement de l’Etat malien dans la lutte contre ce phénomène. «A partir de la crise de 2012, le VBG ont pris de l’ampleur au Mali. Le pays a pris des engagements pour qu’on puisse lutter contre les violences basées sur le genre dans leur globalité. Nous nous sommes inspirés du Rwanda qui a connu le génocide et nous sommes venus créer au Mali les mêmes centres au niveau des structures de santé. « Cette prise en charge holistique concerne le volet clinique, le volet juridique, le volet sécuritaire et le volet prise psycho-social. Nous avons aujourd’hui 20 centre de prise en charge holistique de Kayes jusqu’à Ménaka. Toutes les couches sont impactées par les VBG», a-t-elle poursuivi.
Au cours des échanges, les panelistes, qui étaient l’ancienne ministre de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Bintou Founé Samaké et Ousmane Mahamane Cissé du Programme national pour l’abandon des violences basées sur les genres (PNVBG), ont évoqué les enjeux, les défis et les perspectives de la lutte contre les VBG au Mali.
Le projet <<Alliance Transformative>> dont l’objectif est de « soutenir la force transformative des mouvements collectifs de la société civile pour accélérer la progression des DSSR des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest », est mis en œuvre par l’Alliance Droits et Santé dans ses pays membres (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sénégal).
A Diamouténé

