AES: Vers le renforcement de la compétitivité du secteur privé
Le Premier ministre, le General Abdoulaye Maiga a présidé le lundi28 septembre 2026 à Bamako la cérémonie d’ouverture de la 5è rencontre des ministres en charge de l’Industrie et du Commerce des pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) élargie au secteur privé. La rencontre devra permettre de jeter les bases de l’émergence d’un secteur privé compétitif au sein de l’AES.
Au cours de la rencontre, les échanges ont porté sur l’attractivité des investissements et l’industrialisation endogène à travers le projet de directive confédérale, la lutte sans merci contre la fraude et la concurrence déloyale, l’institutionnalisation du dialogue public-privé avec la création du cadre de concertation publique-privé et l’amélioration du climat des affaires.
Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce du Niger, Abdoulaye Seydou, l’objectif de cette rencontre est de faire en sorte que le secteur privé puisse jouer un rôle de premier plan dans la transformation de notre économie, mais également dans la conquête et l’affirmation de notre souveraineté économique.
« Toutes les réformes que nous engageons aujourd’hui s’inscrivent dans une même ambition. Renforcer durablement notre secteur privé, consolider sa compétitivité et créer les conditions de son plein épanouissement…. Nous sommes donc pleinement conscients que cette ambition ne pourra se concrétiser sans lever les contraintes qui continuent de peser sur le développement de nos entreprises », a-t-il déclaré, affirmant que les difficultés d’accès au financement, le coût des facteurs de production, l’accès au marché, la compétitivité et l’accompagnement technique constituent autant de défis auxquels des réponses concrètes et durables doivent être apportées. « Vous n’êtes pas seuls dans cette démarche. Nos trois États resteront à vos côtés pour vous accompagner, faciliter vos initiatives, améliorer l’environnement des affaires et créer les conditions permanentes à nos entreprises de garantir, d’investir et de conquérir de nouveaux marchés. Nous attendons de vous en retour l’engagement de l’innovation et un sens accru de responsabilité et de patriotisme. Notre ambition commune est claire, faire de la Confédération des États du Sahel un pôle industriel et commercial souverain, compétitif et incontournable sur l’échiquier mondial », a-t-il souligné.
« Pour faire face à la concurrence rude imprimée par le nouvel ordre mondial, notre secteur privé se doit de renforcer son organisation, sa capacité d’action collective et de travailler résolument dans le cadre de la vision de nos chers États….Je me réjouis tout spécialement de l’éventualité de la concertation publique-privée sur un thème plus que d’actualité, à savoir des obstacles au commerce, à l’entrepreneuriat, à l’industrialisation et à l’investissement endogène dans la Confédération dont les conclusions permettraient de garantir un espace plus intégré, débarrassé de tout frein à la liberté d’entreprendre, d’investir et de faire du commerce dans l’espace », a affirmé le ministre burkinabé de l’Industrie et du Commerce, Serge Gnaniodem Poda.
Pour sa part, le Premier ministre, le général Abdoulaye Maiga a insisté sur la nécessité d’accroitre les échanges commerciaux inter-AES qui restent faibles actuellement. « La faiblesse des échanges commerciaux ne peut être corrigée sans la diversification de la production au sein de la Confédération afin d’accroître les échanges commerciaux intra-AES…..Notre espace confédéral a besoin d’un secteur privé compétitif afin de devenir une puissance économique en Afrique de l’Ouest, voire sur le continent africain et dans le monde. Cette ambition est d’autant plus réaliste et réalisable si l’on sait que le Burkina Faso, le Mali et le Niger occupent environ 80% de la superficie du territoire de l’UEMOA et totalisent plus de 50% de sa population», a-t-il fait savoir.
Selon le rapport de la Surveillance commerciale 2022 de la Commission de l’UEMOA, les échanges commerciaux intra-AES ne représentaient que 17,9% de leurs échanges commerciaux avec le reste des pays de l’UEMOA. Ce taux est largement en dessous de la moyenne observée dans d’autres espaces intégrés plus avancés, où il atteint voire dépasse les 60% de leurs échanges commerciaux totaux. Au cours de cette période, en valeur absolue, le commerce intra-AES, importation et exportation, était estimé à 351,6 milliards de francs CFA, tandis que le commerce avec le reste des pays de L’Union était estimé à 2 056,9 milliards de francs CFA.
A D

