MALI–HCR : UNE NOUVELLE DYNAMIQUE POUR RENFORCER LA PROTECTION ET L’INTÉGRATION DES RÉFUGIÉS
Face à l’ampleur des déplacements forcés, le Mali mise sur une réponse gouvernementale coordonnée et sur un partenariat renforcé avec le HCR. C’est tout le sens de la rencontre tenue ce lundi 14 septembre 2026 au Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, entre le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, et Son Excellence Monsieur Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, en visite officielle au Mali du 13 au 16 septembre.
Autour du Ministre, quatre de ses collègues se sont mobilisés pour examiner, avec le HCR, les différentes dimensions de la réponse nationale aux déplacements forcés. Une mobilisation qui traduit le caractère transversal d’une question qui dépasse désormais le seul cadre humanitaire.
Il s’agit du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué ; du Colonel-major Professeur Assa Badiallo Touré, Ministre de la Santé et du Développement social ; de Monsieur Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, Ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne ; et de Madame Oumou Sall Seck, Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
À travers le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, département chef de file dans la gestion des questions d’asile et de réfugiés, le Gouvernement entend renforcer la coordination de l’action publique et rapprocher les réponses institutionnelles des besoins des populations concernées.
Au 31 août 2026, le Mali comptait 317 188 réfugiés et demandeurs d’asile sur son territoire, 414 524 personnes déplacées internes et 90 412 personnes rapatriées. À ces chiffres s’ajoutent 338 369 réfugiés maliens vivant dans les pays d’asile.
Derrière ces statistiques se trouvent des parcours de vie bouleversés, mais aussi des femmes, des hommes et une population majoritairement jeune, dont l’avenir constitue un enjeu majeur pour les politiques d’intégration.
C’est pourquoi les échanges ont largement porté sur les conditions permettant de passer progressivement de l’assistance à l’inclusion et à l’autonomisation : accès à l’éducation et aux soins, documentation, formation professionnelle, emploi, entrepreneuriat, protection sociale et participation à la vie citoyenne.
Avec près de 80 % de jeunes parmi les réfugiés, la question de leur intégration s’impose comme une priorité.
Le Ministère de la Jeunesse et des Sports a notamment mis en avant le rôle du sport et de l’éducation citoyenne comme outils de cohésion. La participation de jeunes réfugiés à l’École de la citoyenneté, édition 2026, témoigne déjà de cette volonté d’inclusion.
La formation professionnelle et l’accès à l’emploi constituent également des leviers essentiels. L’adaptation des programmes, l’accompagnement technique et financier et la mobilisation du réseau national de centres de formation doivent contribuer à renforcer l’employabilité et l’autonomie des jeunes réfugiés.
La rencontre a également permis d’aborder la lutte contre l’apatridie et la question de l’identité juridique, conditions essentielles à une véritable intégration.
Une attention particulière a été portée à la situation de certains réfugiés ayant purgé leur peine au Mali, mais qui ne peuvent retourner dans leur pays d’origine et ne disposent pas de la nationalité malienne. Une problématique complexe qui nécessite des réponses concertées entre les institutions nationales et le HCR.
L’accès aux soins, l’intégration dans les systèmes nationaux d’éducation et de protection sociale, ainsi que l’accompagnement des personnes rapatriées et des communautés d’accueil ont également été au cœur des échanges.
Son Excellence Monsieur Barham Salih a salué les efforts engagés par le Mali et réaffirmé la disponibilité du HCR à poursuivre son accompagnement, dans le respect des priorités et de la vision du Gouvernement malien.
Il a souligné que, dans un contexte régional marqué par l’insécurité et d’importants mouvements de populations, le Mali devait pouvoir compter sur la solidarité de la communauté internationale.
Le Haut-Commissaire a également insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue et de créer davantage de synergies entre jeunes Maliens et jeunes réfugiés, afin de faire de cette jeunesse un facteur de cohésion plutôt qu’un simple indicateur de vulnérabilité.
Cette rencontre aura ainsi permis de réaffirmer une conviction partagée : la réponse aux déplacements forcés ne peut être durable que si elle repose sur une forte appropriation nationale, une coordination efficace des interventions et un partenariat international adapté aux réalités du Mali.
Sous le leadership du Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Gouvernement entend poursuivre cette dynamique avec l’ensemble des départements concernés et ses partenaires avec comme objectif : renforcer la protection, favoriser l’inclusion et créer les conditions d’une véritable autonomisation des réfugiés et des personnes déplacées.
Une ambition qui prend tout son sens dans un pays dont la tradition d’hospitalité demeure l’un des fondements de la réponse apportée aux personnes contraintes de quitter leur pays.
Source: CCOM/MATD

