Prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés : Le Mali amorce la gratuité des soins dans 53 CSCOMs
La prise en charge des femmes enceintes et des enfants de 0 à 42 jours est désormais gratuite, depuis décembre 2025 dans 53 Centres de santé communautaires (CSCOM) à Bamako et dans certains districts sanitaire à Kayes, Kita et Nioro du Sahel, grâce au projet pilote de « Mécanisme de financement direct des établissements de santé (DHFF) », mis en œuvre par le ministère de la Santé et du Développement social à travers l’Unité de mise en œuvre du renforcement du système de santé(UMRSS) et financé par le Fonds mondial.
Les soins de santé primaire constituent le fondement de la couverture santé universelle(CSU). Malgré les efforts du gouvernement et de ses partenaires, des difficultés liées au coût de la santé freinent l’accès des couches vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants aux soins de santé primaire dans plusieurs localités du Mali. Afin de lever les barrières financières et améliorer les indicateurs de la santé maternelle et infantile, les autorités sanitaires, à travers l’UMRSS ; mettent en œuvre le projet mécanisme de financement direct des établissements de santé DHF, financé par le Fonds mondial.
« C’est de pouvoir lutter contre la mortalité maternelle et infantile. On va éliminer cette barrière financière et nous allons faire un suivi rapproché. On est dans aussi la prise en charge du VIH, de la tuberculose et du paludisme. Les médicaments pouvant prendre en charge ces pathologies-là sont inclus dans le paquet », explique le coordinateur de l’UMRSS, Dr Mohamed Berthé.
Depuis décembre 2025, dans 53 CSCOM sur les 1760 que compte le Mali, les femmes enceintes et les nouveau-nés de 0 à 42 jours sont pris en charges gratuitement sauf les femmes dont l’accouchement nécessite une césarienne. « Les consultations prénatales, les analyses de grossesse, également des échographies et les médicaments qui sont donnés au cours de ces consultations sont tous gratuits. Il y a également la prise en charge des enfants de 0 à 28 jours. Cette prise en charge aussi est gratuite. Les enfants de 0 à 42 jours pour les vaccinations aussi sont gratuits. Ce n’est pas une question d’air de santé, c’est pour la gratuité. Même celui qui vient de la région et qui a besoin d’être accompagné, on l’accompagne », assure le président du comité de gestion du Association de santé communautaire de Baconi(AssacoBa), Mamadou Fodé Diarra.
Et de préciser : « Quand le médecin estime que la femme ne peut pas accoucher naturellement, il faut l’intervention à travers la Césarienne et on l’évacue au niveau des CSREF. De ce fait, la femme quitte le programme ».
La société civile et les bénéficiaires se réjouissent de cette initiative de l’URMSS.
« Le Mali a pris le tour par le corne pour aller là où les difficultés en termes de barrières financières sont mises en avant pour que ces barrières soient brisées et que les populations puissent accéder aux soins et services de santé », déclare le président de la Fédération nationale des Associations de santé communautaire du Mali (FENASCOM), Yaya Zan Konaré.
« Pour mes précédentes grossesses, j’ai payé. Mais cette fois-ci, tout est gratuit. C’est une bonne initiative parce que ça aide financièrement nos maris et ça nous encourage à venir au CSCOM », affirme Sadio Mallé, bénéficiaire.
« Pour mes consultations de ce matin je n’ai rien payé. Je suis très heureuse de cette initiative. Je prie pour que cela soit continuel », souhaite Mariam Diabaté, bénéficiaire.
La phase pilote du projet DHF qui se poursuit jusqu’à fin 2026 dans les 53 CSCOM concernés a déjà obtenu des résultats encourageants. « Les éléments que nous avons recueillis, dans un premier temps, montrent quand même un engouement de la population d’abord, pour la stratégie et deuxièmement, nous avons aussi vu que le nombre de consultations a augmenté dans ces structures-là », confirme le coordinateur de l’UMRSS.
Selon le président de la FENASCOM, le projet a permis de diminuer le retard dans la prise en charge des problèmes de santé et augmenter le pourcentage en vaccination en termes de prévention. «L’initiative amène les populations à avoir les réflexes de l’assainissement dans leur environnement. Les indicateurs sont repartis à la hausse », martèle-t-il.
Cependant, face à la diminution de l’aide internationale, l’extension du projet à d’autres localités et sa pérennisation restent des défis à relever pour les autorités sanitaires. « Beaucoup de ces activités peuvent être soutenues par les collectivités et par une organisation très importante de mouvements associatifs autour de ces CSCOM », Conseille Dr Mohamed Berthé.
Afin que la gratuité de la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés puisse apporter ses fruits, les autorités sanitaires exhortent les populations cibles à fréquenter les structures de santé. « Les parents, nous leur disons que c’est une opportunité. Pour obtenir la réduction de cette mortalité maternelle et infantile, il va falloir que les parents autorisent les femmes et enfants à fréquenter les structures de santé pour bénéficier cette prise en charge gratuite. C’est tout cela combiné qui occasionnera la réduction drastique des maladies, de la mortalité maternelle et infantile », souligne Dr Bouyagui Traoré, conseiller technique au ministère de la Santé et du Développement social.
Au Mali, en 2023, le taux de mortalité maternelle était de 317 décès pour 5000 naissances vivantes. Celui de la mortalité néonatale était de 33,4 décès pour 1000 naissances vivantes. Et le taux de mortalité de moins de 5 ans était de 94 décès pour 1000 naissances vivantes. L’amélioration de ces indicateurs nécessite davantage d’efforts du ministère de la Santé et du Développement Social, ainsi que de ses partenaires.
A Diamouténé

