Mali-Violences Basées sur le Genre : SOLI-AM alerte sur la recrudescence des cas sur les sites de déplacés en Commune VI
L’ Association Solidarité en faveur des aide-ménagères (SOLI-AM) a organisé, le mardi 16 décembre 2025, à la mairie de la Commune VI du district de Bamako, un dialogue intergenerationnnel de plaidoyer entre les (14-17 ans) et les détenteurs de pouvoirs, en vue d’obtenir des engagements concrèts contre les violences basées sur le genre (VBG) et les violences faites aux filles (VFF).
Le représentant de la mairie de la Commune VI de Bamako, Fousseyni Cissé, a salué les efforts de SOLI-AM dans la protection droits des femmes déplacées internes.«Cette rencontre est une occasion pour sensibiliser et dénoncer certaines violences que subissent nos femmes, filles et sœurs, à travers des témoignages vivants. Il existe des violences contre les femmes et les filles dans nos sociétés. il est donc temps de punir ceux qui perpétuent ce fléau. Nous saluons l’ensemble des associations et organisations de défense des droits des femmes qui œuvrent sans relâche pour rétablir les droits des femmes et des filles déplacées internes », a-t-il déclaré.
Le coordinateur des Imams de la Commune VI de Bamako, Abdoulaye Sangaré a rappelé que la religion s’oppose à toutes les formes de violences, exprimant ainsi son soutien à SOLI-AM dans la lutte contre les VBG à l’égard des femmes déplacées internes. « Dieu a conçu des textes religieux pour que les femmes soient considérées et respectées par tous. En dehors de la religion, notre société exige le respect des femmes », a-t-il souligné.
Abdoulaye Sangaré s’est engagé à partager le rapport de SOLI-AM avec les autres Imams de son regroupement afin de les sensibiliser sur la lutte contre les VBG à l’égard des femmes et filles déplacées.
Selon la présidente de SOLI-AM, Mme Bagayoko Berthe Samaké, l’objectif de cette rencontre est d’obtenir des engagements solennels des détenteurs de pouvoirs pour éliminer les VBG/VFF dans les communautés.
Elle a dénoncé la recrudescence des cas de VBG en Commune VI de Bamako. <<La présence de sites de déplacés rend cette situation plus préoccupante. En 2024, 16 000 cas de violences ont été recensés. Les quartiers de Sénou, Sogoninko et Faladiè accueillent massivement des déplacés internes, avec 330 000 personnes en 2023. Selon le JBVIMS, 38 % des cas rapportés entre 2020 et 2021 concernent des violences sexuelles, dont 23 % de viols>>, a-t-elle deploré, plaidant pour l’implication des autorités communales et nationales afin de mettre fin à ce fléau. <<Les responsables de ces violences doivent être punies conformément à la loi. Nos mères, nos sœurs et nos filles déplacées méritent mieux », a-t-elle insisté.
Et d’ajouter: <<SOLI-AM, dans sa vision d’aider et de soutenir les femmes et jeunes filles en situation de précarité, œuvre pour protéger et restaurer leurs droits, tout en améliorant leurs conditions de vie à travers le renforcement des capacités et la réinsertion sociale>>.
La responsable du local du service local de la promotion de la femme et de l’enfant de la commune VI, Mme Diawara Awa Sangaré a remercié SOLI-AM pour ses efforts en faveur de la protection des femmes et des filles déplacées tout en réaffirmant l’engagement de sa structure à accompagner SOLI-AM pour l’atteinte de ses objectifs.
La rencontre a été aussi marquée par l’exposé d’une jeune étudiante, Aïcha sur les violences subies par les jeunes filles dans la société et leur désarroi
Rappelons que l’afflux de populations déplacées, fuyant les conflits internes, a transformé certains quartiers de la commune IV en foyers de vulnérabilité accrue. Les conditions de vie précaires (abris inadéquats, chômage endémique) exposent les femmes et filles à des risques systémiques : 52 % des mariages forcés et 89 % des Mutilations Génitales Féminines (EDS 2018) y sont enregistrés. Ces violences, combinées à des agressions physiques (20 %) et psychologiques (20 %), privent les victimes de tout recours juridique ou psychosocial.
A Diamouténé




