Antoine Akplogan, président de la COMADE : « Investir dans les enfants est un devoir moral et le meilleur investissement stratégique pour l’avenir de la Nation »

Antoine Akplogan, président de la COMADE : « Investir dans les enfants est un devoir moral et le meilleur investissement stratégique pour l’avenir de la Nation »

Le président de la Coalition malienne pour les droits de l’Enfant(COMADE), Antoine Akplogan a pris part, aux côtés de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djeneba Sanogo et du représentant du Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF) au Mali, Pierre N’Gom, à la cérémonie de célébration de la 36ème édition de la Journée internationale des droits de l’Enfant, le jeudi 20 novembre 2025, au Centre international de conférence de Bamako(CICB) sous le thème : « Planification et budgétisation sensibles aux droits de l’enfant ». Antoine Akplogan a appelé à investir davantage dans les enfants.

La célébration de la mondiale de l’Enfance est l’occasion de prendre la mesure des défis persistants, tout en saluant les avancées remarquables réalisées par les autorités nationales, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers. « Assurer leurs droits des enfants n’est ni un acte de générosité, ni une faveur : c’est une exigence morale, juridique et civilisationnelle, consacrée par la Convention relative aux Droits de l’Enfant, ratifiée par le Mali le 20 septembre 1990 », a rappelé le président de la COMADE, Antoine Akplogan, saluant  les efforts significatifs consentis par l’État malien pour renforcer le cadre de protection de l’enfant à savoir, entre autres, : la Constitution du 22 juillet 2022, dont les 22 premiers articles consacrent les droits fondamentaux de l’Homme ; la relecture du code pénal et du code de procédure pénale ; la validation des avant-projets relatifs à l’établissement de la Direction nationale de la justice pour enfants, avec l’appui de l’UNICEF ; l’institutionnalisation de la Journée des Pupilles de la Nation, entre autres.

Evoquant le thème de cette Journée, Antoine Akplogan a laissé entendre que  planifier et budgétiser dans une perspective sensible aux droits de l’enfant, c’est placer l’intérêt supérieur de l’enfant au centre de chaque décision publique, de chaque ligne budgétaire, de chaque programme. « Lorsque l’enfant devient visible dans le budget, il devient visible dans la société… Un budget sensible aux droits de l’enfant est un instrument de justice sociale : il réduit les inégalités, renforce la confiance entre l’État et les citoyens et traduit, de façon concrète, l’engagement national envers la dignité humaine. Le Mali doit investir davantage dans ses enfants, non seulement parce que c’est un devoir moral, mais parce que c’est le meilleur investissement stratégique pour l’avenir de la Nation », a-t-il estimé.

Afin de garantir la pérennité des interventions en faveur des enfants, Antoine Akplogan a recommandé de : « accélérer l’adoption du projet de loi relative à la Protection de l’Enfant ; rendre disponibles et digitaliser les registres d’état civil sur toute l’étendue du territoire ; intégrer les modules sur les droits de l’enfant, l’éducation non violente et la parentalité positive dans la formation des enseignants et la sensibilisation des familles et communautés ; assurer l’application stricte des normes juridiques relatives à la protection de l’enfance, notamment en matière de prévention et de sanction de l’exploitation des enfants par la mendicité ; alléger les dépenses familiales en facilitant la réinscription scolaire sans frais dans le même établissement, en proposant un uniforme national peu coûteux fabriqué localement, et en développant un transport interurbain fiable, leçon forte tirée de la crise du carburant ; rehausser la part du budget national alloué au Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, actuellement de 0,24 %, afin de répondre aux besoins croissants des enfants du Mali; augmenter le budget alloué à la Cellule nationale de lutte contre le travail des enfants (CNLTE); la création d’un fonds national significatif dédié au financement des actions de protection de l’enfant portée par les ONG et associations constitue une nécessité  stratégique ; garantir que chaque franc public investi améliore réellement la vie des enfants, en particulier ceux en situation de handicap et les plus vulnérables ».

Profitant de cette tribune, le président de la COMADE a fermement condamné aussi les attaques « barbares et lâches » menées par les groupes armés terroristes contre les convois d’approvisionnement du Mali, notamment en hydrocarbures, dont les premiers à souffrir sont les enfants. « Nous dénonçons ces actes inhumains qui freinent le développement, aggravent la pauvreté, compromettent l’accès aux services essentiels et sapent les droits les plus fondamentaux. Nous appelons l’Organisation des Nations Unies à condamner avec vigueur ces violations et leurs auteurs », a lancé Antoine Akplogan.

A D

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